POESIE

 

A PARAÎTRE LE 21 JUIN 2024: 

 

"LES 100 SONNETS DU SANSONNET"

 

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POURQUOI DES SONNETS ?

 

Le choix du sonnet pour cet ouvrage a été fait en fonction de son rythme et le rimes sonores qu’offre cette forme poétique.
 
Le mot sonnet vient du latin sonare, « sonner ».
Un sonnet était à l’origine une « petite chanson », une « mélodie chantée ».
 
Mon but est, pour ce recueil, d’utiliser avec respect cette forme ancienne pour habiller de rythme et de rimes quelques concepts et idées que je voulais valoriser. Ma soumission à cette forme est limitée à son fonctionnement sonore, mais je n’ai pas plus de respect aux règles posées par M. Malherbes qu’à celles de Mary Sydney. (Apparté : le nom d’emprunt de Mary Sidney est maintenant un fait bien établi, il nous faut aujourd’hui dire "Mary Sidney alias W. Shakespear").
 
Les mots sont nos guides.
L'étymologie est un trésor sans fin. 
Les rythmes et formes imposées telles que le sonnet m'ont attiré car leur exigence difficile et restrictive semble de prime abord empêcher la spontanéité.
Pourtant, quand on s'y soumet, cela devient une aide subtile pour nous pousser à dépasser l'apparente impossibilité, à aller chercher le courage de maintenir le cap jusqu'à ce qu'une rive apparaisse : c'est la rime, enfin pour s'y reposer. On est ar-rivé, on est ar-rimé !
 
 

 

QUELQUES REGLES

DE LA FORME DU SONNET

 
 
La forme est secondaire au sens, mais elle reste fondamentale, car elle en pose les fondements.
-    Un sonnet comporte quatorze vers ; ils sont organisés en deux quatrains et deux tercet
 
-    Le schéma des rimes varie suivant le type de sonnet et l’époque
        Les rimes embrassées sont préférées dans les quatrains : ABBA  ou ABAB. On évite AABB.
        Pour les tercets on trouve toutes sortes d'alternances.
        EX :       "La famille"  p.37   schéma  ABBA
Avant de l’avoir vue, avant de l’ignorer,            A        
La vérité se pose en immuable amie.            B        
Qu’elle nous plaise ou non, elle est notre famille,            B        
Comme un lien qu’on ne peut, simplement, minorer.            A        
    
 
-    Dans de nombreuses traditions, la rythmique nommée plus tardivement « alexandrin » a été utilisée. Elle comporte douze syllabes. La symbolique du 12 est importantes dans notre tradition (12 mois de l’année, 12 notes de musique (7+5), etc…).
        
 
-    Les rimes riches sont choisies. Par rime riche, on entendant une assonance précédée d'une consonne d'appui.     
                EX :         un kilomètre à pied,
                                ça use les souliers                  est une rime pauvre                                         
                                pour une rime riche, pied doit rimer par exemeple avec papier
    
-    Dès 1552 : Ronsard a rajouté une difficulté supplémentaire : l'alternance des rimes féminines (terminée par une syllabe muette) et masculines. Cette règle a été respectée sauf mention. Dans d'autres traditions ancestrales on retrouve ces alternances.
A réfléchir pourquoi il a été attribué à une rime féminine le fait d'être muette ?
                 
                EX:  "pied" et "papier" est une rime masculine,
                         mais "table" et "notable" est une rime féminine (rien à voir avec le genre du mot : un notable)
 
-    Les hiatus (deux voyelles à la suite dans deux mots qui se suivent... ) ont été évité à part quelques cas de tolérance, ainsi que les règles d’élision du « e ».
               
                EX: Il y a... un hiatus dans "il y a", mais dans le mot hiatus on ne le compte pas comme erreur !
                EX: p.120 : "Il y aura toujours, il y a toujours eu", j'ai laissé ces hiatus évidents car c'était un des                                     premiers poèmes que j'ai écrits et je n'avais pas intégré certaines règles.
                                     
 
-    La césure (après 6è syllabe) est aussi conservée pour le rythme de lecture et ses règles associées.
On essaie d'avoir une phrase un vers qui s'arrête à 6 pieds, mais pas de mots à cheval entre la 6e et 7e syllabe;
Lorsqu'il y a une muette à l'hémistiche (à la césure), elle doit impérativement être suivie par un mot commençant par une voyelle afin de faire la liaison et de ne compter qu'une syllabe :
                
                EX: p.33       "L’éclat des astres vainc   6    l’absurde et ses poisons :
                                       L’origine des sons    6     dépasse la raison."
                                       Donc aucun mots à cheval entre 6ème et 7ème pied.    
    
                EX : p.39      "L’inquiétude inutile       est démone omnivore. ;
                se compte :     L'in-quié-tu-di-nu-ti  6  lest-dé-mon-om-ni-vore"
               
 
D'autres règles peuvent être retrouvées facilement sur internet ou dans des livres techniques de poésie. Je ne vous expose ici que quelques exemples pour apprécier au mieux la lecture de ce recueil de sonnets et en profiter.
Je n'ai pas tout de suite intégré toutes les règles, mais j'y ai répondu petit à petit, comme un jeu pour répondre à toutes ces contraintes en conservant le sens en priorité. Les poèmes qui comportaient quelques erreurs ont été relégués en fin d'ouvrage (au-delà du 100ème), car le sens qu'ils portaient méritaient d'être inclus au recueil. 
 
 
Boileau dans son Art poétique en a fait ainsi un éloge :
 
On dit, à ce propos, qu'un jour ce dieu bizarre, (Apollon)
Voulant pousser à bout tous les rimeurs françois,
Inventa du Sonnet les rigoureuses lois ;
Voulut qu'en deux quatrains, de mesure pareille,
La rime, avec deux sons, frappât huit fois l'oreille ;
Et qu'ensuite six vers, artistement rangés,
Fussent en deux tercets par le sens partagés.
Surtout, de ce Poème il bannit la licence ;
Lui-même en mesura le nombre et la cadence ;
Défendit qu'un vers faible y pût jamais entrer,
Ni qu'un mot déjà mis osât s'y remontrer.
Du reste, il l'enrichit d'une beauté suprême
Un sonnet sans défaut vaut seul un long Poème.
 
 
Et une version personnelle de cet art poétique :
 
 
Artiste
 
L’alexandrin n’est plus tellement à la mode
Se plier à sa règle est souvent incommode.
L’âme s’en réjouit depuis l’aube des temps :
La rime a rendu gai les plus récalcitrants.
Le conscient s’expand à l’infini, s’écoule,
Ne se retourne pas, sauf où le temps s’enroule…
La limite l’arrête et lui offre en retour
Le gracieux reflet : sa nature d’Amour.
Le rythme est constructeur d’une raison solide
Mais les mots ne sont rien si de sens ils sont vides.
Fidèle et soutenu dans son obéissance,
L’écrivain peut ainsi dépasser l’ignorance.
En traversant le son, le serviteur s’inscrit
Recevant l’au-delà du coeur de ces écrits.
Sa Majesté lui prête à formuler le verbe
Offrant la clef aux lettres et la couleur aux gerbes.
La plume dans ma main, et mon âme à l’écoute,
Mon coeur traduit le sens en exilant le doute
L’art est l’ordre des grands, au-delà des techniques,
Service virtuose en épousant l’Unique.
L’humain n’invente rien, il est simple instrument.
Il doit aller chercher, humble et sans jugement,
Transcender les avis des autres et des uns,
Enjamber, assidu, le mortel du commun
L’artiste compte moins, peu importe qui l’aime
Seuls persistent les mots, seul existe un poème.
 
 
Marc Antoine Zufferey